As de pique

Abécédaire philosophes et auteurs divers – Lettre W

Ce nouvel abécédaire concerne les philosophes et auteurs divers.

Le texte est à votre convenance : biographie de l’auteur, extrait d’une de ses oeuvres, ou simplement ses écrits ou une citation.

Vous pouvez également mettre vos impressions si vous avez lu un de ses livres.

Seule « contrainte » mettre le logo avec son lien pour chaque lettre.

Violette Wawerinitz-Ruer

Rendez-vous proposer par Violette du blog Histoire de mots

Cette semaine, nous en sommes à la lettre W 

W comme Bernard Werber

Bernard Werber est né le 18 septembre 1961 à Toulouse, est un écrivain français. Bernard Werber est l’un des auteurs français les plus lus dans le monde. Il est principalement connu pour sa trilogie des Fourmis.

Son œuvre, traduite dans une trentaine de langues, fait se rencontrer spiritualité, science-fiction, polar, biologie, mythologie, etc. L’auteur qualifie parfois son style de « philosophie-fiction »

Dans une interview accordée à Paris Match, Bernard Werber nous explique ce qu’est la « philosophie-fiction »

Il peut apparaître en dehors de la littérature réaliste, et de la science-fiction, une troisième voix que j’appelle la “philosophie fiction”, qui parle non pas de l’évolution technologique, mais du changement des mentalités et de l’entrée dans une période où la spiritualité est devenue le vrai changement planétaire. La littérature, telle que je la conçois n’est pas un genre fermé, mais un lieu d’exploration et le lieu me semble le bon endroit pour parler de spiritualité. Parce qu’on assiste à ce changement planétaire, je voulais montrer qu’il pouvait se faire dans l’objet livre que je connais, mais aussi dans la musique, le cinéma, et la médiumnité, avec l’ouverture sur les mondes invisibles.

Certains critiques reprochent à ses romans de science-fiction de présenter certains concepts d’apparence scientifique comme des certitudes alors que ce n’est pas le cas. L’Ultime Secret illustre bien cette tendance, on peut y lire sur la quatrième de couverture la phrase suivante : « Ils vont aller de surprise en surprise jusqu’à l’extraordinaire dénouement basé sur une découverte scientifique peu connue mais réelle ».

Bernard Werber utilise diverses symboliques dans ses livres. Les animaux comme les dauphins, les rats ou les fourmis sont représentés comme des animaux intelligents. La symbolique des chiffres tient également une grande place et, selon la façon dont ils sont expliqués, ils reflètent « le stade de l’évolution de l’âme ». C’est notamment durant la lecture du cycle des Dieux que l’on se rend compte à quel point Bernard Werber donne une signification implicite aux animaux.

La trilogie des Fourmis

  • Les Fourmis, 1991, prix des lecteurs de Sciences et Avenir. Ce livre est son grand succès : il s’est vendu à plus de 20 millions d’exemplaires et a été traduit dans plus de trente langues.
  • Le Jour des fourmis, 1992, Grand prix des lectrices de Elle
  • La Révolution des fourmis, 1996

Malgré le succès, je n’ai jamais réussi à finir la trilogie des Fourmis.

Pentalogie du ciel

Cycle des anges

  • Les Thanatonautes, 1994
  • L’Empire des anges, 2000, prix Jules-Verne

Cycle des dieux

Cette trilogie fait suite au Cycle des anges.

  • Nous les dieux, 5 octobre 2004
  • Le Souffle des dieux, 5 octobre 2005
  • Le Mystère des dieux, 3 octobre 2007

Cycle Aventuriers de la science

  • Le Père de nos pères, 1998
  • L’Ultime Secret, 2001
  • Le Rire du cyclope, 2010

Cycle Troisième Humanité

  • Troisième Humanité, 3 octobre 2012
  • Les Micro-Humains, 2 octobre 2013
  • La Voix de la Terre, 1er octobre 2014

Romans indépendants

  • Le Papillon des étoiles, 3 octobre 2006
  • Le Miroir de Cassandre, 1er octobre 2009
  • Le Sixième Sommeil, 30 septembre 2015
  • Demain les chats, 3 octobre 2016

Livres expérimentaux

  • L’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, 1993
  • Le Livre du voyage, 1997, prix des lecteurs du « Livre de Poche »
  • Le Livre secret des fourmis, 2003
  • Nos amis les Terriens, petit guide de découverte, 2007, album d’après le long métrage Nos amis les Terriens
  • Nouvelle Encyclopédie du savoir relatif et absolu, 2009
  • Voyage au cœur du vivant, 2011, album

Nouvelles

  • Leçon de choses, 1992
  • Chaque jour est un nouveau combat, 1996
  • Le Conte à rebours, 1998
  • Le bouffon du 20 heures, 2000
  • L’ami silencieux, 2001
  • L’Arbre des possibles, 2002, recueil
  • Le Trésor de l’île des visionnaires, 2004
  • Souvenirs d’un monde merveilleux, 2007
  • Le Crépuscule des libraires, 2008
  • Paradis sur mesure, 2008, recueil
  • C’était mieux avant, 2010
  • La Montre karmique, 2011
  • Les Robots se cachent pour mourir, 2014
  • Langouste blues, 2014

    Bandes dessinées

    • Les Fourmis, 1994

    Exit

    • Contact, 1999
    • Le Deuxième Cercle, 2000
    • Jusqu’au dernier souffle, 2002

    Les Enfants d’Ève

    • Genèse, 2005

    Les Thanatonautes

    • Le Temps des bricoleurs, 2011
    • Le Temps des pionniers, 2012
    • Le Temps des professionnels, 2014

    J’ai découvert l’auteur au lycée par un copain qui en était fan. Ces oeuvres parfois amusantes, parfois intrigantes laisse rarement indifférent. Malgré le manque de sources, j’ai appris des choses grâce à l’Encyclopédie du savoir relatif et absolu, ces livres nous permettent de nous faire une réflexion sur le monde qui nous entoure.

    Questions/réponses piochez ici et là.

    L’écriture pour toi : cela représente quoi après toutes ces années de succès ? Un travail, une nécessité, un plaisir ?

    J’écris tous les jours depuis l’âge de 16 ans. J’en ai 53. De 8h30 à 12h, j’écris mes dix pages. C’est une nécessité physiologique. J’ai besoin de ce rendez-vous quotidien. Il y a une montée d’énergie tout au long de ma matinée d’écriture. Ensuite, dans l’après-midi, il y a comme une rechute. Je consacre alors le reste de la journée à faire des recherches et des repérages. En fin de journée, je vais faire du sport ou me promener en forêt. Ces rituels font aussi partie de l’activité d’écrivain, cela permet de continuer à réfléchir au roman en cours. Je vis de mon écriture depuis 1991. Cela reste avant tout un plaisir. C’est une joie de se retrouver tous les matins avec son intrigue, ses personnages, son suspense.

    Comment vous y prenez-vous pour écrire vos romans?

    D’abord, je positionne l’histoire avec un début, un milieu, une fin. Pour moi, une histoire, c’est comme un être vivant: avec une tête, des pieds, un ventre. Une fois que j’ai positionné tout ça, je fais ma recherche pour garnir et j’essaie de trouver de grandes scènes spectaculaires que je vais placer comme des organes, puis j’ajoute de petites scènes qui font avancer l’intrigue — c’est le muscle. Une fois que ça fonctionne bien, je recouvre avec la peau dessus — c’est le style.

    J’aurai aimé savoir si dans ces livres, certains personnages sont directement inspirés par vos rencontres, vos proches… Si oui, pourriez-vous me donner un exemple ?

    Il y a des personnages de mes romans qui sont mes amis du «vrai monde» et j’ai mis leurs vrais noms. Drouin est par exemple un ami réalisateur de cinéma. Charras est un ami écrivain acteur. Foulon que vous découvrirez dans le nouveau roman est une amie aussi. Malençon, Krausz, Andrieux aussi… Je pense souvent à de vraies personnes et les décris parfois en tant que personnages tels qu’ils sont vraiment. C’est un petit private joke aussi pour ceux qui les connaissent.

    «La réalité psychique est plus importante que la réalité matérielle», disait Sigmund Freud, sous-entendant que ce que nous vivons est d’abord construit par nos interprétations. Partagez-vous cette idée ?

    La réalité psychique est au moins aussi importante que la réalité matérielle, parce que la réalité est déjà une illusion. Chaque acte, chaque sensation n’est qu’une interprétation qui s’inscrit à chaque fois dans un système subjectif. Nos sens nous trompent. Au fond, le rêve n’est pas aussi irréel qu’on le croit et le réel n’est pas aussi réel. Par exemple, il peut y avoir des informations qu’on a raté dans le réel et qui réapparaissent en rêve, d’où l’intérêt du rêve comme moyen de récupérer nos erreurs.

    Tu es un auteur lu dans le monde entier. As-tu une pression particulière de ta part à chaque nouveau roman ?

    Cela ne change rien. Si je me retrouvais sur une île déserte, sans lecteur, sans éditeur, sans imprimeur et que je trouvais ce qui pourrait ressembler à un parchemin, avec un peu d’encre de pieuvre, j’écrirais. Ecrire est un besoin, ce n’est pas qu’un travail. C’est un moyen de relacher la pression de toutes ces idées que j’ai en permanence dans la tête.

    Si tu avais un seul conseil à donner à un auteur débutant ?

    La régularité. C’est la seule façon de s’améliorer et de progresser dans son art. Je considère mon métier comme un artisanat au même titre que l’horlogerie. Il faut de la constance dans l’écriture et dans la relecture. Plus on pratique plus on est simple et efficace. J’essaie de m’amuser en écrivant et aussi en me relisant. Si je n’ai pas de plaisir en me relisant, comment le lecteur peut-il en avoir ? Même l’inspiration est un muscle qu’on peut entretenir grace à la régularité. C’est comme pour un boulanger. Je ne crois pas qu’il puisse faire du mauvais pain tous les jours. Au bout d’un moment, il peaufine son modus operandi et au final s’améliore.

    Quand on voit l’ensemble de vos livres, on s’aperçoit qu’ils sont tous liés. Est-ce qu’il n’y a pas une volonté de susciter une réflexion, de faire passer un message sur l’Homme et le monde ?

    Au moment où j’écris le livre, mon seul souci est de faire plaisir au lecteur et faire qu’il ait envie de tourner les pages. C’est presque une obsession. Maintenant, l’une des choses qui m’intéressent aussi c’est de faire prendre conscience de certaines choses. Il m’a semblé que le meilleur moyen était de projeter le lecteur dans la peau d’un autre être. Dans Demain les chats c’est encore plus flagrant puisque je propose de se mettre dans la peau d’une chatte, Bastet, qui vit à Montmartre. Cette expérience peut être à la fois amusante et exotique. Dans tout mon travail, que ce soit avec les fourmis, les anges, les dieux ou les chats, il y a toujours cette idée : le meilleur moyen de comprendre un système c’est de s’en extraire. Ainsi, pour comprendre qui on est, pour comprendre la place de l’humanité, il faut en sortir. Je propose une perspective avec un regard extérieur qui nous permet de nous voir différemment. Ne vous arrêtez pas à ce qu’on vous sert dans les médias, à la télévision, ne vous arrêtez pas au monde étriqué que vous propose vos parents et le système scolaire. On peut aller bien plus loin et sortir de notre esprit pour voir les choses plus larges dans le temps et dans l’espace. Ça m’a l’air d’être l’une des fonctions du roman : élargir l’esprit.

    Bernard Werber est-il un optimiste ?

    Sur le court terme quand je vois les actualités, je suis forcément pessimiste. Je vois bien comment le système va droit dans le mur. Pour moi, il y a des problèmes de base comme la non maitrîse de la croissance démographique et économique planétaire, comme la destruction systématique des forêts et des autres espèces. Cela va, à court terme, condamner l’espèce humaine. Mais je reste optimiste sur le moyen et le long terme. Il y a toujours des individus isolés qui arrivent à trouver des idées pour sauver ce qui peut être sauvable, à savoir tout ce qui est beau dans l’humanité et dans notre planète.

    Donc si tu te relis et que tu n’es pas satisfait tu recommences ?

    Pour chaque roman publié, j’ai une vingtaine de versions., avec des personnages différents, une intrigue et des rebondissements différents. Le cas extrême, c’est « Les Fourmis ». J’en ai écrit une bonne centaine de versions. Le manuscrit que j’ai présenté à mon éditeur faisait 1500 pages. Il m’a demandé de reduire cet opus. J’ai donc réécrit une version de plus, puisque que le texte publié fait 350 pages.

    Le mot de la fin ?

    Nous sommes tous nés pour une raison et nous avons tous une mission. À chacun de la trouver et dès qu’on l’a trouvé, tout devient clair. L’enjeu c’est être heureux et se sentir épanoui. Et ça, c’est au-delà du jeu social, économique et politique.

    Bernard Werber, écrivain philosophe, scientifique et historien, n’a définitivement pas fini de nous surprendre. Après 25 ans de carrière et presque autant de livres, l’auteur français semble avoir encore beaucoup de choses à dire.

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    2 réflexions au sujet de « Abécédaire philosophes et auteurs divers – Lettre W »

    1. Nous avons choisi le même auteur , j’ai un peu réduit les informations . Un univers que j’apprécie particulièrement et dans lequel j’aime bien me plonger de temps à autre . J’aimerais bien le rencontrer pour échanger sur ces différents livres, j’en ai lu un certain nombre, et sur sa façon de voir l’humanité.
      Bonne journée

      Aimé par 1 personne

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