As de pique

Clic-clac pour la tortue 

C’est un fait acquis pour tous aujourd’hui, la planète est divisée en 6 continents (l’Amérique du Nord et du Sud, l’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Océanie), mais saviez-vous qu’il en existe un 7e dans le nord-est de l’océan Pacifique ? De la taille du tiers des États-Unis, il s’agit du continent de plastique, la Grande plaque de déchets du Pacifique, nommée aussi la grande poubelle du Pacifique.

Cette immense plaque de déchets qui recouvre des millions de kilomètres carrés et qui dérive dans l’océan Pacifique Nord a été découverte par hasard en 1997 par le navigateur Charles Moore lors d’une traversée à la voile entre Los Angeles et Honolulu. La plaque du Pacifique Nord se composerait en moyenne de 335 000 débris par km2, avec des pics à certain endroit frôlant le million de fragments de plastique par km2. Malheureusement, il ne s’agit pas d’un phénomène unique à l’océan Pacifique, car on retrouve d’immenses plaques de déchets flottant sur tous les océans du monde. La plaque de l’Atlantique Nord, d’une taille comparable à celle de sa voisine du Pacifique, renferment jusqu’à 200 000 débris par km2.

Des tortues en plastiques, pas de plastiques dans les tortues !

Les milliards de fragments de déchets qui s’agglomèrent, pour des centaines d’années, dans les gyres au centre des océans, portent de nombreuses atteintes à la faune et à la flore marines. L’exemple le plus – tristement – emblématique est celui des tortues qui s’étouffent avec des sacs plastiques qu’elles prennent pour des méduses.

Selon une étude australienne, publiée dans la revue scientifique Conservation Biology, six des sept espèces de tortues marines ingèrent des débris rejetés par l’homme et toutes les six sont classées comme vulnérables ou en danger.

«Pour la tortue verte, la probabilité qu’elle ingère des déchets a quasiment doublé en 25 ans», a déclaré Qamar Schuyler, qui a piloté la recherche à l’université du Queensland. «Les tortues vertes en particulier en ingèrent beaucoup plus qu’auparavant», puisque la probabilité est passée de 30% en 1985 à près de 50% en 2012.

Pour parvenir à ces statistiques, l’équipe de recherche s’est appuyée sur 37 études publiées de 1985 à 2012 et qui détaillent des données collectées depuis 1900 sur le contenu des estomacs de tortues. Adultes, les tortues vertes mesurent plus d’un mètre et certains spécimens atteignent 1,50 m. Leur espérance de vie est de 80 ans.

Les débris en plastique avalés par erreur par les tortues –qui les prennent en fait pour des méduses, dont elles se nourrissent- peuvent les tuer, en bloquant leur estomac ou en perçant leurs intestins. Ces déchets peuvent aussi libérer des toxines dans le corps de l’animal et affecter par exemple son cycle reproductif, selon Qamar Schuyler.

Les tortues, mais pas seulement !

Les microfragments, réduits sous l’effet du sel, des ultraviolets et des mouvements de l’eau, ont quant à eux été ingérés par au moins 267 espèces dans le monde (86 % des tortues de mer, 44 % de toutes les espèces d’oiseaux, 43 % de mammifères marins), selon un rapport de Greenpeace de 2006 qui compilait les études de chercheurs européens et américains.

Au total, l’ONG estime qu’environ un million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent chaque année de l’ingestion de plastiques.

Peut-on nettoyer l’océan ? 

Partant de ce constat alarmant, un jeune néerlandais de 19 ans aurait peut-être la solution au problème. Il aurait conçu une plateforme capable de nettoyer les milliards de déchets qui encombrent les océans.

Selon lui, la solution ultime à cette pollution est claire : nous devons fermer le robinet, en mettant fin à notre dépendance envers les articles jetables en plastique et les emballages. Nous avons besoin d’une meilleure gestion des déchets au niveau mondial et nous devons prendre conscience des problèmes qu’engendrent nos déchets.
Il faudra des changements radicaux sur les niveaux législatifs, industriels et individuels de la société. Malgré tout, même si nous fermons le robinet, nous avons besoin de sortir ce qui est déjà dans les océans.

Le principal problème avec les déchets de plastique dans l’océan c’est qu’ils sont constamment en mouvement. Pourquoi alors se déplacer puisque l’océan le fait déjà, à cause des courants océaniques. Afin d’économiser temps, argent et énergie, l’idée du jeune néerlandais Boyan Slat consiste à ancrer des filtres ou barrages géants à des endroits spécifiques qui débarrasseront l’océan de ses déchets flottants. Ne reste plus qu’à intercepter les débris en mouvement.

Comme nous l’avons déjà mentionné, les endroits où se concentrent les déchets de plastique couvrent parfois des millions de kilomètres et les nettoyer entraînerait surement d’énormes quantités de prises accessoires (poissons et autres faune aquatique). De plus, la taille des déchets varie énormément. En utilisant des barrages flottants au lieu de filets, des zones beaucoup plus importantes seront couvertes. Puisque son système de filtration ne possède aucune mailles, même les plus petites particules seront détournées et extraites et cela se traduira par pratiquement aucune prises accessoires. C’est l’un des avantages les plus significatifs. Parce que le transport des débris de plastique le long des rampes est entraîné par les courants, il est suffisamment lent pour que les organismes puissent s’échapper. Bien sur, tout ceci devra être testé.

Les plates-formes seraient complètement autonomes, fonctionnant à l’énergie solaire, grâce aux courants ou aux vagues. Elles seraient même très rentables : en vendant le plastique récupéré à partir des 5 principaux lieux où se concentrent les déchets, cela rapporterait davantage d’argent que les coûts d’exploitation. En d’autres termes, cette invention pourrait être rentable.

L’étude de faisabilité est complétée à 25%. Bien que les résultats préliminaires semblent prometteurs, l’équipe d’environ 50 ingénieurs, modélistes, experts externes et étudiants est en bonne voie. Une fois la phase d’investigation complétée, ils pourront présenter ce concept comme une solution envisageable.

Ils estiment qu’il est possible de nettoyer une zone en 5 ans. Toutefois, étant donné que les courants de surface sont largement influencés par le vent, il y aura de la variabilité selon l’endroit. Ce sera impossible d’enlever complètement tout le plastique des océans, mais approximativement le tiers de ce qui pollue les océans pourra être récupéré grâce à cette innovation. L’élément le plus important sera la combinaison d’extraction des océans et la prévention sur les continents afin de réussir à débarrasser nos océans des déchets de plastiques. Pour y arriver, nous avons tous un rôle à jouer en diminuant notre surconsommation et en prenant soin de recycler nos déchets de plastique.

​Le Clic Clac est une photo publiée le vendredi pourvu qu’elle soit rigolote, insolite, amusante, poétique, anodine… 

RDV proposer par la tortue Martine

Source : Ma planète bleu Le Monde et 20 minutes.

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