As de coeur

Interview – préparation 

Agoaye nous propose ​chaque semaine un verbe, cette fois-ci il s’agit d’interviewer, je me suis donc pencher sur la question : qu’est ce qu’interviewé et qu’est ce que cela implique ? 

Interwiever est une méthode d’enquête sociologique qui a pour but d’établir un rapport de communication verbale entre l’interwievé et l’interwieveur.

L’interview permet d’appuyer un reportage, un discours ou de mettre en lumière des éléments scientifiques.

Deux points de vue :
Celui de l’interwievé &
Celui de l’interwieveur

Du point de vue de l’interwieveur :

Un choix :

Le choix est primordiale, car sans choix on ne peut pas établir d’interviews. Qui interviewé et dans quel cadre ?  

La personne interviewé peut être choisis pour son talent, son métier, son histoire, sa culture, sa science, sa sensibilité…

Qui interviewé ? Une star, un auteur débutant ou confirmer, un acteur, un humoriste, une grande personnalité, un professionnel, un professeur ou des enfants… ?

Interwiever ses proches, dialoguer avec un tiers bienveillant permet de poursuivre, en le renforçant, le travail de changement de regard sur ses capacités. L’idée est de choisir un ami, un collègue, un membre de sa famille et de lui expliquer que nous avons besoin de son aide pour y voir plus clair en soi. « A quel moment, dans quelles circonstances, dans quel domaine m’as-tu trouvée ou me trouves-tu compétente ?  » Poser la question et noter les réponses, sans les commenter, permet non seulement de se voir de l’extérieur, de développer un sentiment de sécurité, mais également de découvrir des talents et des compétences singulières dont nous ne soupçonnions pas l’existence ou que nous considérions comme normales. 

Dans le cadre d’une promotion d’un film, d’un livre, d’un festival, d’une star montante… pour un recrutement on parle plutôt d’entretien.

Lors d’un entretien, le recruteur marque une pose après l’accueil, la réaction de l’autre personne permet de déterminer son caractère, si celle-ci prend l’initiative de prendre la parole, il s’agit d’un leader. Alors que si la personne attend qu’on lui accorde la parole, elle est davantage quelqu’un qui suit. Lorsque la personne invite à se présenter de façon très ouverte : « Parlez moi de vous « , sans poser de questions trop précises d’entrée de jeu. Si le candidat embraye tout seul, il est perçu comme quelqu’un d’autonome, en revanche s’il demande au préalable par où commencer ses études ou les postes occupées, alors un manque d’initiatives le caractérise.

Il s’agit soit de mettre en valeur une personne, soit de mettre en valeur l’oeuvre.

Ou dans certains cas, soutirer des informations, déstabiliser, comprendre (comme l’interview politique ou scientifique)

Quel que soit le format final (enquête, portrait, commentaire), vous devez avoir un objectif car si vous n’attendez rien, vous n’aurez pas grand-chose. L’angle choisit déterminera en grande partie le déroulé des questions et de l’interview. Attention, un angle n’est pas un parti pris.

La préparation de l’interview :

Je pense qu’une bonne interview c’est celle qui laisse de la place à l’interwievé.

C’est un échange d’une sensibilité à une autre sensibilité. 

Lorsque nous voulons permettre de faire de la place à l’interwievé, il est nécessaire de choisir des questions ouvertes : Pourquoi ? Comment ? Quand ? Quoi ? Qui ? Combien ? ou de manière générale : Parlez-moi de vous ? Que pensez-vous de… ? Qu’est-ce que signifie pour vous… ? Que vous évoquent… ?

A l’inverse les questions fermées ressemblent plus à un questionnaire qu’à une interview. Les questions fermées sont celles par lesquelles l’interlocuteur ne peut répondre que par « oui  » ou « non  » et qui offre peu de chance de développement.

Il y a plusieurs possibilités de choix à aborder soit les grandes questions existentielles sur la vie, la mort, la violence, l’amour… soit des questions précises orientées (livre, film, spectacle…) ou sur un sujet, l’intervieweur doit connaître un minimum son sujet, consulter, examiner attentivement, la nature, les faits, sa conscience, l’histoire…

Nous pouvons être dans l’intrusion, dans la critique, la remise en cause, la disqualification.

Ou au contraire, l’accueil, l’empathie, l’ouverture d’esprit, l’invitation ou la stimulation…

Je pense qu’il convient d’être dans le respect.

Plus que la réponse c’est la possibilité de dire et l’invitation à entendre qui importe.

On peut être amené à parler d’un sentiment, d’un désir, d’une idée, d’une perception.

A la différence d’une discussion c’est que l’interview est un acte préparer, on cherche à recevoir des informations sur la personnalité et les sujets relatifs soit à la promotion, soit au sujet du support. 

La préparation de l’interview demande parfois un minimum d’imagination dans la rédaction des questions.

S’informer, se documenter sur la personne ou les personnes, la personnalité, le parcours, le sujet ou l’oeuvre…

La préparation de l’interview dépend du support (papier ou vidéo), où elle est diffusé, de son mode de diffusion ( en direct ou en différé), du format de celle-ci  ( portraits, enquêtes, témoignages… ) de la façon dont se déroule l’échange, en présence ou non de l’autre et même si nous devons nous adresser à une ou à plusieurs personnes.

Du point de vue de l’interwievé :

C’est un honneur d’être mis en avant, cependant, c’est aussi du stress.

La rencontre peut être plus ou moins préparer, pour que l’entrevue soit plus ou moins spontanée. 

L’échange :

La question peut inviter l’interwievé de :

1/ Relater un fait :

J’exprime ma perception de la réalité, je partage un vécu dans le registre de l’anecdote, je décris un évènement.

2/ Partager un ressenti :

Face à un événement, une situation, une rencontre j’ai besoin de partager le fourmillement émotionnel qui m’habite. Zone sensible des réactions affectives, mon partage dépend de ma capacité à livrer mon vécu intime et de la capacité de l’autre à m’entendre dans cette dimension. J’attends que l’autre me rejoigne dans mes sentiments, reçoive mes émotions sans se les approprier.

3/ Dire le retentissement :

Tout vécu résonne sur un autre plus ancien. Si je suis en confiance je pourrai dire que la situation, l’événement du moment fait remonter en moi un vécu du passé, me renvoie à ma mythologie personnelle. Cette réactivation plus ou moins consciente colore nos relations et nos échanges d’aujourd’hui.

4/ Partager des idées, des croyances, des fantasmes :

Généralisations, considérations logiques irrationnelles qui nous permettent de prolonger, de relier une expérience, de l’assimiler, font partie de nos échanges relationnels. Le partage m’ouvre à d’autres possibles, d’autres horizons, à de nouvelles connaissances. La mise en commun de mes fantasmes, de mes rêves, de mes utopies permet le nourrissement de mon imaginaire dans le partage. L’imaginaire, aussi, a besoin d’être entendu.

Les communications fécondes évoluent librement d’un registre à l’autre.

5/ Ne pas dire 

L’interviewé peut faire le choix de ne pas dire, de simplement faire partager un ressenti, échanger sur l’imaginaire, un geste, l’entrevue se déroule en direct, est filmé, cela permet de laisser la place à la communication non-verbale.

«Ne pas dire» se fonde sur la capacité d’isolement spirituel, sur l’aptitude à s’immerger dans son monde secret et sur le partage d’une solitude pleine.

L’intervieweur peut incité son invité à ne pas tout dire, dans le cadre de la sortie d’un film ou d’un livre, l’intérêt est de susciter la curiosité du spectateur.

Pour l’interwieveur, il est important de :

1/ Présenter

Parfois même se présenter, remettre dans le contexte… Dire parfois quels sujets vont être aborder.

2/ L’exorde

L’Exorde est le début du discours, elle doit être maîtrisée et mettre l’auditoire dans de bonnes dispositions. Il s’agira avant tout de capter l’attention.

Il existe 3 types d’exorde :

– L’hommage. C’est par exemple « mesdames, messieurs, je suis honoré de prendre la parole devant vous ce soir… ». C’est la forme d’exorde la plus classique.

– La dramatisation de l’enjeu. Commencer par quelque chose de grave, sur un ton grave. « J’ai quelque chose de très grave à vous dire, aujourd’hui : la liberté a trépassé… ». Elle permet de mettre l’accent sur le sujet.

– Parler d’autre chose pour mieux revenir au sujet. Il est possible de commencer son discours par un propos auquel personne ne s’attend. Cela permet de susciter l’interrogation pour capter l’attention. Cette technique est très efficace mais il faut relier le propos initial au sujet traité assez rapidement pour ne pas perdre son auditoire.

3/ Exprimer

Avant de questionner, il est parfois nécessaire de relater un fait, partager un ressenti, un retentissement, une idées, une appréhension, un sentiment, une croyance…

4/ Questionner 

En général, c’est la principale raison de la préparation de l’interview.

Les questions pourra ou devra être orientées vers la réflexion de la ligne de conduite à tenir ou envisager.

Le ton donné peut permettre aux spectateurs d’être guider pendant l’échange et de se situer, de se faire une opinion. 

5/ Entendre

Entendre est une question d’attention et de présence.

Entendre, c’est offrir à l’autre une disponibilité active qui se manifeste dans un regard, une respiration, un silence…

Entendre, c’est aller au-delà de l’écoute
pour saisir l’essentiel.

Entendre se pratique sur plusieurs registres :

  • Réaliste, (les faits)
  • Imaginaire, (les désirs, les rêves, les projets)
  • Symbolique (reliances, actes manqués, somatisations)

Entendre l’autre, c’est aussi entendre chez moi la résonance de ce qui est dit.

Entendre n’est pas répondre, même si ma réponse montre ce que j’ai ou n’ai pas entendu. C’est la qualité de la présence qui donne de la force à mon écoute.

6/ Écouter 

Écouter l’autre sans s’emparer de sa parole suppose disponibilité et décentration.

Écouter, c’est accueillir l’expression de l’autre sans jugement, en tentant de comprendre son monde intérieur et son système de références à lui.

Écouter activement pour permettre à l’autre d’en dire plus et de s’entendre lui-même, en lui proposant des questions ouvertes orientées davantage sur le «comment» que sur le «pourquoi».

Écouter, c’est d’abord me taire, faire taire mes réactions si ce que dit l’autre me touche, pour lui permettre d’en dire plus.

Écouter, c’est renoncer pendant un temps à répondre, à m’emparer de ce que dit l’autre pour placer mon propre avis.

L’écoute active s’appuie sur 4 démarches :

Où, quand, comment, avec qui ?

7/ Interagir 

Interférer, réagir aux propos. Rebondir sur un détail ou sur l’essentiel de ce qui a été dit.

Montrer qu’on a compris ce que dit l’autre, reformuler.

8/ Argumenter 

Argumenter s’applique à l’une et l’autre des parties, c’est un élément du discours.

Il faut trouver les arguments en se demandant pourquoi la position que l’on défend, sur le sujet que l’on défend, est la bonne. Il faut au moins deux ou trois arguments filés. Il est possible d’en développer d’avantage mais le discours ne doit pas devenir un catalogue d’arguments. Le texte étant déclamé et non écrit, il faudra expliciter chaque argument et le simplifier au maximum afin de ne pas perdre son auditoire.
Il ne faut pas trop nuancer car la conviction n’autorise pas le doute ! Un scientifique doit faire la part des choses et nuancer les faits. L’avocat, l’homme politique et l’orateur au sens large sont profondément convaincus que ce qu’ils disent est la vérité.

9/ La réfutation

Cette phase est également optionnelle. Le contradicteur, celui qui défend la position opposée, a toujours tort. Il faut donc imaginer les arguments qu’il utilisera pour les contredire et les vider de leur force.

La réfutation doit être claire. La position que le contradicteur adopte peut être suggérée lors de la phase précédente, celle de l’argumentation, mais jamais dans la réfutation.

10/ Péroraison

C’est la fin du discours : il s’agit d’enfoncer le clou. Comme l’exorde, elle doit être complètement maîtrisée et laisser l’auditoire sur une très bonne impression.

Selon la personnalité de l’orateur et la nature du message délivré par la péroraison, elle peut se faire de deux manières :

  •  vers le haut : on accélère le débit et on renforce l’intensité de sa voix.
  • vers le bas : on baisse le ton et on ralentit le débit.

Ciceron distingue lui cinq étapes fondamentales par lesquelles doit passer le discours d’un bon orateur. Ce sont les grands principes de l’art oratoire que l’on peut ensuite structurer différemment en fonction de ce qu’on veut défendre :

  • Invention : c’est la recherche de tous les moyens de convaincre son interlocuteur, basée à la fois sur les connaissances et la créativité de l’orateur.
  • Disposition : c’est l’organisation, la mise en ordre des différents moyens de persuasion qui ont émergé lors de la phase d’invention.
  • Élocution : c’est le discours à proprement parlé, le « ton », le « style » que l’orateur veut lui donner en y ajoutant de l’ironie, des figures de style par exemple.
  • Action : c’est le langage corporel qui accompagne l’élocution, quand l’orateur devient également acteur.
  • Mémoire : c’est le fait d’avoir en tête l’ensemble de son discours, voire de l’avoir appris par coeur.

11/Synthèse

Résumer de façon cohérente ce qu’il y a été dit en regroupant plusieurs éléments.

La synthèse permet aux spectateurs d’avoir une vision structurée de tous ce qui vient d’être effectué.

12/ Conclure 

Établir, déduire, tirer une conclusion à partir de ce qui est dit.

Inviter l’autre à conclure la rencontre.

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Source article du blog Histoire Géo L’art du discours.

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