As de coeur

Cette semaine je répare 

Cette semaine je répare mes relations difficiles.

Souvent, lorsque nous vivons une relation difficile, en fonction des circonstances et des interlocuteurs, chaque protagoniste adopte inconsciemment un rôle dramatisé à souhait. Ces rôles relationnels, théorisés par Karpman dans les années soixante, se retrouvent curieusement schématisés dans les… dessins animés : le Persécuteur, la Victime et le Sauveur.

Nous avons souvent un rôle dominant, mais passons aussi de l’un à l’autre, parfois très rapidement, au cours d’une seule conversation. Ces rôles bloquent l’évolution de la relation, aucun n’est meilleur ou pire qu’un autre, et ils se nourrissent d’un mélange de peur et de manque d’estime ou de confiance en soi. Ces rôles peuvent générer beaucoup de stress et engloutir des quantités d’énergie. L’idée générale est triple :

  • D’apprendre à repérer le rôle que nous jouons, souvent inconsciemment, car cela nous permet d’en sortir, tout simplement, afin de prendre sa vraie place dans la relation.
  • Sortir du schéma de façon consciente, par des actions conscientes.  
  • D’apprendre à repérer le fonctionnement habituel de nos interlocuteurs afin d’éviter de rentrer dans leur jeu.

Etes-vous un Sauveur malgré vous ?

  • Vous arrive-t-il de venir en aide à des personnes qui ne vous ont pas clairement exprimé qu’elles avaient besoin de vous ?
  • Vous sentez-vous coupable ou fautif lorsque quelqu’un de votre entourage éprouve des difficultés à se prendre en charge ?
  • Vous sentez-vous quelquefois en colère parce que vous êtes convaincu que cette personne irait beaucoup mieux si elle suivait vos directives ?
  • Vous arrive-t-il de vous sentir exploité dans votre travail et d’avoir l’impression que vous n’êtes pas apprécié malgré tout ce que vous faites pour aider les autres ?

Avez-vous une attitude de victime ?

  • Lorsque vous blâmez les autres pour vos problèmes;
  • Lorsque vous vous diminuez aux yeux des autres;
  • Lorsque vous attendez que quelqu’un vienne vous sauver de votre malheur;
  • Lorsque vous accordez plus d’importance aux perceptions que les autres ont de vous qu’à votre propre perception de vous-même;
  • Lorsque vous vous plaignez de vos problèmes sans rien faire pour les résoudre;
  • Lorsque vous jugez, blâmez, critiquez les autres parce qu’ils ne font pas ce que vous attendez d’eux;
  • Lorsque vous vous rendez malade afin d’obtenir l’attention des autres;
  • Lorsque vous rejetez le beau et le bon qui est en vous en rejetant votre propre valeur; etc.
  • Lorsque vous placez votre énergie uniquement sur ce qui est négatif dans votre vie sans jamais regarder ce qui est positif…
  • Ne savez-vous pas résister au chantage affectif ?

Vous a-t-on déjà reproché d’être un tyran ?

  • Sentez-vous le besoin d’humilier une personne de votre entourage
  • Avez-vous l’impression de manipuler vos amis, parents, collègues, etc. afin d’obtenir ce dont vous avez besoin;
  • Etes-vous colérique ?
  • Dévalorisez-vous votre entourage, vos critiques sont-elles plus destructives que constructives ?
  • Vous a-t-on déjà reproché d’être sévère ? de dominer ?
  • Faites-vous du chantage affectif ?

Si vous avez répondu OUI à trois questions ou plus , il est possible que vous adoptiez à l’occasion des comportements de sauveur/persécuteur ou victime à l’égard de votre entourage.

Ce triangle dramatique et ses rôles sont tous destructeurs et ne conduisent pas à la perception de la réalité d’une situation, qu’il est important de le reconnaître, ainsi que ses composantes, chez soi-même comme chez les autres, et de s’en détacher.

Ces comportements vous placent dans une situation inconfortable et risquent de vous mener à l’épuisement.

Ils peuvent vous empêcher d’aider les personnes qui ont légitimement besoin d’aide et le demande car effectuer un sauvetage prive souvent l’autre de sa liberté d’action….

Comprendre

Pour sortir du mauvais rôle du Sauveur, tenter de répondre honnêtement aux questions suivantes :

  • Qu’espérez-vous obtenir en jouant ce rôle ? 
  • Et si vous commenciez par oser vous dire honnêtement à vous-même vos propres besoins ?

Pour sortir du mauvais rôle de la Victime, tenter de répondre honnêtement aux questions suivantes :

  • Qu’est ce qui vous pousse à croire que vous ne pouvez rien faire d’autre que de subir ?
  • De quoi avez-vous peur ? Pourquoi avez-vous tendance à vous justifier ?
  • Croyez-vous vraiment qu’il soit possible de s’épanouir dans la plainte ?
  • Que se passerait il pour vous si vous osier clairement énoncer vos limites ?

Pour sortir du mauvais rôle du Persécuteur, tenter de répondre honnêtement aux questions suivantes :

  • Votre propension à la domination cache un besoin, pouvez-vous l’exprimer clairement ?
  • Qu’est-ce qui vous est si douloureux pour vous dans le fait d’avoir un problème et d’en convenir ?
  • Êtes-vous certain(es) que ce jeu ne se retourne pas contre vous ?

Caractéristiques de chaque rôles

Le Sauveur

Déguiser en conseiller, en justicier ou en protecteur, il croit que le monde a besoin de lui et cherche à aider alors que l’autre ne demande rien, il place l’autre en incapacité. Il souffre de la souffrance de l’autre (car il s’identifie à lui), il le prend en pitié en lui apportant une aide inefficace (alors même qu’il agit avec une bonne intention) parce qu’il prend garde de ne pas vérifier le désir réel de l’autre. Il se sent coupable, responsable, mal lorsque quelqu’un de son entourage à des difficultés. Son but inconscient est d’entretenir la Victime dans son rôle afin de rester dans le sien dans lequel il se sent briller. En faisant « à la place  » de l’autre, il crée donc une dépendance et de la passivité pour se faire du bien. Mais souvent il s’épuise, fini par s’irriter et se transforme en Persécuteur… victime de l’agressivité de la Victime-persécutrice.

Son problème caché : il tente de recevoir quelques miettes de reconnaissance parce qu’il en manque… Mais il a peur de faire de la peine en imposant des limites. Il accumule les rancoeurs, culpabilise et ne sait pas ne pas en faire trop et s’épuise en pure perte.

La Victime

Le rôle de victime (parce qu’il attire l’attention sur lui ) est très prisé, on se l’arrache car il apporte des bénéfices secondaires de reconnaissance. Parce qu’elle ne veut pas de l’aide qu’elle demande (qui lui ferait abandonner son rôle ), la victime s’arrange pour se plaindre auprès de personnes qui, le plus souvent (bien sûr ), n’ont pas la compétence pour l’aider. Ainsi elle apitoie (le sauveur ), et attire inconsciemment la brimade et les critiques (du persécuteur ).

Son problème caché : La victime a honte et manque de confiance en elle. Elle a peur d’exister par elle-même, de s’affirmer et accumule ainsi les rancunes. Elle a aussi souvent peur de manquer, de perdre, d’échouer ou d’être abandonnée. Pleurs, incrédulité, révolte, rancoeurs sont ses modes d’expression.

Le Persécuteur

Parce qu’il cherche à se libérer de ses pulsions, il fait preuve de colère, de sévérité, d’agressivité. Il attaque, infériorise, ordonne, dévalorise, critique, fait la morale et provoque la rancune des autres en triomphant. Il s’arrange pour ridiculiser, ironiser et attaquer la victime ou le sauveur « par en dessous  » en les culpabilisant s’il le peut.

Son problème caché : Il craint essentiellement de montrer sa vulnérabilité et sa frustration, il tient à ce que les autres pensent qu’il n’a pas de problème, qu’il est fort. Il cherche donc à dominer l’autre et pense en terme de rapport de force, puisqu’il vit dans la peur secrète d’être démasqué. Il cherche inconsciemment à se venger de sa frustration en passant dès que possible du statut de victime à celui de bourreau.

C’est ainsi que si nous ne nous sommes pas lucides par rapport à la manière dont les autres entrent en relation avec nous, ni nous-mêmes avec eux, nous avons toutes les chances de tomber dans les pièges inconscients que les autres et nous mêmes tendons.

Alors, comment sortir de ces rôles ? Ou plutôt ne pas y entrer ?

Comprendre pourquoi nous avons besoin d’y rentrer. Ces jeux reposent sur des besoins frustrés qui s’incrustent sur nos blessures d’âmes, issus de notre histoire personnelle. 

Comprendre autour de quelles blessures d’âmes s’est programmé nos réactions et soigner ses blessures.

Ces jeux sont fort répandus dans notre société occidentale et trouvent leurs racines dans notre enfance.

Exemple de scénario : l’enfant est une Victime évidente (car il est dépendant) et les parents jouent tour à tour le rôle de bourreau et de sauveur (via les compliments, les menaces, le chantage, les comparaisons, les jugements, les récompenses, punitions, etc.).

C’est comme cela que le schéma de ce jeu psychologique se met en place et se perpétue.

Mais il y a d’autres configurations possibles :

  • Le parent Persécuteur a peut-être été lui-même persécuté. Il reproduit donc ce qu’il a vécu en se montrant trop exigeant, anxieux, intolérant, répressif,… L’enfant sera donc privé de liberté, ne pourra pas montrer ses émotions, sera stressé et aura tendance à développer des complexes (notamment d’infériorité).
  • Le parent Sauveur sera trop laxiste et tentera sans cesse de plaire à son enfant. L’enfant deviendra capricieux, manipulateur et peu volontaire. Il ne développera pas son autonomie.
  • Le parent Victime est un parent infantile. Il ira même jusqu’à réclamer de se faire materner par ses propres enfants. Cette situation ne contribue pas au développement des enfants qui endosseront le rôle de Sauveur, négligeant leurs besoins au profit de la satisfaction et de la reconnaissance d’autrui.

Comprendre comment nous entrons dans le jeu.

Eric Berne a décrit la dynamique d’un jeu psychologique avec la formule :

A + PF = R è CT è MC è BF

Elle se décompose de la manière suivante :

A pour Amorce du jeu :

Il y a message caché derrière le message apparent. Par exemple derrière l’affirmation de Victime de la part d’un collaborateur « je n’y arrive pas » se cache « j’ai besoin d’être aidé ». Le sous-entendu cherche à toucher un point faible chez l’interlocuteur.

PF pour Point Faible :

L’interlocuteur va « mordre à l’hameçon » car le sous-entendu a touché ce qu’il perçoit comme un point faible chez lui. Dans notre exemple, le point faible du manager pourrait être « je ne suis pas assez disponible à mes collaborateurs, je ne les aide pas suffisamment,… »

R comme Réponse :

L’interlocuteur rentre dans un des trois rôles du triangle : il se met en position de Victime face à un Persécuteur ou un Sauveur, en position de Persécuteur ou de Sauveur face à une Victime. Dans notre exemple, le manager va endosser un rôle de Sauveur en apportant une aide qui ne lui a pas été demandée clairement.

Il s’ensuit une série d’interactions qui sont en apparence anodines.

CT pour Coup de Théâtre :

Les interlocuteurs permutent leurs rôles dans le triangle dramatique. Par exemple, la Victime passe dans un rôle de Persécuteur et reproche au Sauveur l’inefficacité de son aide. Celui-ci passe dans un rôle de Victime. Dans notre exemple, le collaborateur passe de Victime à Persécuteur : « merci pour vos conseils, cela ne marche pas ! » et le manager de Sauveur en Victime : « j’essayais simplement de vous aider ».

MC pour Moment de Confusion :

Des amalgames peuvent se faire avec des éléments n’ayant rien à voir avec la situation. Les vieux ressentiments et les non-dits sortent…

BF pour Bénéfice Final :

Les deux joueurs empochent leurs « bénéfices », en particulier sous la forme d’un sentiment négatif (frustration, rancœur).

Soumettons à votre réflexion les questions suivantes :

  • Quel rôle ai-je à endosser quand je rentre dans le triangle ? En position +/- ou en position -/+ ? Avec qui ?
  • Quel point faible est touché chez moi ?

La conscience de soi constitue la première étape pour « jouer » moins souvent.

Sortir du jeu psychologique

Nous avons tous la possibilité de nous retirer du jeu ou mieux de ne jamais y entrer.

La réponse la plus simple est celle qui se place sur la non défensive. Il faut arrêter le jeu, prendre sa distance par rapport à ce qui est dit et surtout prendre conscience du jeu qui s’installe pour pouvoir le refuser. Car dans un jeu, il faut des joueurs !

Après des réponses non défensives, les arguments de l’autre s’épuiseront. Ce n’est ni faire des compromis, ni perdre la face, c’est savoir écouter l’autre et prendre la réalité de l’autre en compte.

En fait, chaque fois que vous êtes mal à l’aise dans une relation, il y a de forte chance pour que vous soyez à l’intérieur du triangle en train de tenir un rôle.

Il faut apprendre à reconnaître le jeu, à en prendre conscience pour en sortir ou mieux, ne pas y entrer. Mais attention, les autres vont essayer de vous tirer à l’intérieur du triangle.

Apprendre si on est Persécuteur à passer de « imposer son avis » à « donner son avis », apprendre à proposer une vision du monde différente, à accepter de négocier, à accepter que les autres aient des avis différents et souhaitent faire les choses de manière différente que la sienne, donner du sens à ses choix et à ses comportements.

Le Persécuteur est celui qui a coutume de dire : « Tu vas te coucher maintenant parce que je suis ton père ! », « On fait comme ça , parce qu’on a toujours fait comme ça ! » ou « Vous faites comme je dis car c’est moi le chef ! ».

Il peut passer de Persécuteur à Protecteur en expliquant :

« Je veux que tu aies te coucher maintenant parce que je veux être sûr d’avoir pris suffisamment soin de toi pour que tu sois en forme pour aller à l’école demain. »

« J’attends que vous mettiez un masque de protection parce que je souhaite à la fois prendre soin de votre santé et vous prémunir des conséquences d’un accident qui pourrait avoir… »

« Nous avons fait le choix de cette pratique car jusqu’à présent, elle nous a permis d’atteindre le résultat escompté deux fois plus vite et avec 30% de rebut en moins… »

Apprendre si on est dans le rôle de Victime à ne plus « imposer sa faiblesse ou sa souffrance » et à « demander de l’aide pour les tâches difficiles, négocier des délais », à s’affirmer, à affirmer son point de vue, poser ses limites, avoir confiance en soi.

La victime peut devenir quelqu’un de stable et puissant en se respectant davantage, en clarifiant ses demandes et en devenant proactif.

Apprendre si on est Sauveteur à passer du « s’inquiéter pour l’autre » à « proposer son aide » : « je suis à ta disposition, si tu as besoin, tu peux venir me voir », proposer des feedbacks, à mettre l’autre en face de ses responsabilités et ne pas devancer les autres, suggérer s’il son interlocuteur à une idée avant de proposer.

Le Sauveur peut devenir un aidant en répondant qu’à des demandes explicites, ressortissants de ses compétences et missions, en se demandant s’il se respecte en accédant à cette demande et s’il a suffisamment évaluer le niveau d’autonomie initiale de l’autre, l’idée n’est pas de refuser d’aider, c’est de le faire en conscience. 

Eviter d’entrer dans le jeu

1 – Repérer les « Amorces »

« Si mon interlocuteur fait un sous-entendu, il est possible qu’il démarre un jeu » – Eric Berne

Dans la formule : A + PF = R + CT + MC + BF, le jeu commence par une Amorce (A), un message caché derrière le message apparent qui cherche à accrocher un Point Faible (PF) chez son interlocuteur.

Voici quelques exemples d’amorces en fonction des trois rôles du triangle dramatique :

Sauveur : « Tu pourrais, je ne sais pas, sortir, faire du sport… », « Tu pourrais quand même penser à toi », « Parfois il vaut mieux abandonner, laisse-moi faire va ! », « Je ne dis pas ça pour t’embêter, tu sais », « Ecoute je ne demande qu’à t’aider », « Tu n’y peux rien tu sais, quand tu auras plus d’expérience pourquoi pas », « En fait ce que tu essaies de m’expliquer c’est… », « Est-ce que tu veux que je lui parle pour toi ? », « Tu peux toujours essayer ! ».

Persécuteur : « J’espère au moins que tu as pensé à…. », « Avec toi c’est toujours pareil », « Fais un effort pour une fois », « Tu veux que je te dise ? », « Cela ne m’étonne pas de toi », « C’est quand même pas difficile de…. », « Écoute-moi au lieu de… », « Tu n’es bon qu’à… », « N’essaie pas de comprendre », « Tu crois que ça m’intéresse ? », « Décidément tu es nul ! », « Avec ton intelligence, tu aurais pu au moins comprendre ça ! ».

Victime : « Je ne suis pas très doué pour ça », « Demande plutôt à… », « Oh tu sais ce n’est pas pour moi ces choses-là », « Je préfère ne rien dire quand c’est comme ça », « Il suffit que je m’en mêle pour… », « Je vais surement encore dire une bêtise mais… », « C’est mieux que tu le fasses toi que moi », « C’est de ma faute, j’ai encore… », « Alors ça tu vois c’est tout moi, je suis bête, Je voulais tant lui faire plaisir et voilà ! », « Je ne m’en sortirai pas sans vous, je ne suis pas très… », « Je t’ai encore dérangé pour rien ».

Certaines de ses phrases résonnent-elles en vous parce que vous les avez entendues ou prononcées vous-même ?

Repérer une Amorce constitue une première façon d’éviter d’entrer dans un jeu conflictuel.

2 – Avoir conscience de ses Points faibles

Le jeu démarre lorsque l’amorce vient toucher l’une de nos caractéristiques que nous percevons comme un Point Faible (PF). Il s’agit de prendre conscience du dialogue interne qui s’instaure :

  • De dévalorisation de soi : « J’ai l’impression que je ne fais que des erreurs, des bêtises… », « Je ne suis pas assez… », « Je suis trop… ».
  • De dévalorisation de l’autre : « J’ai l’impression qu’il n’est pas compétent », « Il n’est pas assez ou trop… ».

Le Point faible peut concerner :

  • Le sentiment d’importance : accorder trop ou pas assez de valeur, d’attention à ses interlocuteurs (dévalorisation de l’autre). Ce sentiment se traduit par des phrases telles que « je ne suis pas assez présent, pas assez disponible ». Considérer ne pas recevoir suffisamment d’attention : « Il ne s’intéresse pas à moi » (dévalorisation de soi)
  • Le sentiment de compétence : considérer les autres incapables de se prendre en charge : « Il n’est pas assez expérimenté, compétent… » (dévalorisation de l’autre) ou ne pas se considérer soi-même comme compétent : « Je suis débutant, je suis trop jeune, pas assez formé… » (dévalorisation de soi).
  • Le sentiment d’amabilité : considérer l’autre comme peu sympathique peu appréciable : «Il m’est antipathique » (dévalorisation de l’autre) ou considérer que les autres ne nous apprécient pas suffisamment : « Je sais bien qu’ils ne m’apprécient pas » (dévalorisation de soi).

Prendre conscience de ses Points faibles permet d’avoir du recul par rapport aux amorces proposées et peut permettre d’éviter d’entrer dans un jeu.

3 – Déjouer les jeux proposés par les autres

Identifier le rôle par lequel l’interlocuteur amorce le jeu.

Face à une personne dans un rôle de Victime : Faire clarifier la demande pour aider la personne à sortir de son rôle. Par exemple : « Que souhaitez-vous que je fasse pour vous ? Qu’attendez-vous de moi ? En quoi puis je vous aider ? »

Face à une personne dans un rôle de Sauveur : Remercier pour la proposition et clarifier sa demande. Par exemple : « Votre sollicitude, votre gentillesse me touche, je vous remercie, j’ai seulement besoin de…

Face à une personne dans un rôle de Persécuteur : Faire clarifier le sous-entendu. Par exemple : « Que souhaitez-vous me dire ? » « C’est votre interprétation » « Voulez-vous préciser votre pensée ? »

Utiliser l’humour : « Et encore, vous ne savez pas tout ! »« Je peux vous dire oui, si c’est ce qui vous fait plaisir », voire la dérision « C’est gentil de vous préoccuper de moi ».

Eviter de se justifier face aux attaques « Cela vous ennuie tant que cela ? » et utiliser le « on » « On peut le penser » « On a souvent des avis sur des choses que l’on ne connait pas vraiment »

Utiliser des proverbes ou maximes « Personne n’est parfait », « Il en faut pour tous les goûts », « Le diable est dans les détails », pour déjouer l’invitation du persécuteur. La solution est dans la distance et une forme d’indifférence polie.

Connaître ses jeux préférentiels pour en sortir

Chacun d’entre nous peut adopter l’un des trois rôles du triangle dramatique en fonction des circonstances et de l’interlocuteur qu’il a en face de lui. Néanmoins, nous entrons dans le triangle dans un rôle préférentiel. Quelle « trousse de secours » utiliser pour éviter d’endosser ce rôle ou ou en sortir ?

Persécuteur

J’ai tendance à…

  • Mettre l’autre en défaut en lui montrant tout ce dont il est incapable.
  • Mettre en évidence « le verre à moitié vide ».
  • Privilégier ce qui ne va pas et le mettre en exergue.

Ma trousse de secours

  • J’ai le souci de l’autre, je le respecte comme ayant de la valeur (sortir du mépris) et je prends en compte ses besoins.
  • Si je suis de nature colérique, autoritaire ou directive, je suis vigilant à ne pas agresser verbalement mon entourage, même si je juge qu’il fait mal son travail.

Sauveur

J’ai tendance à…

  • Empêcher l’autonomie en considérant l’autre comme incapable de résoudre tout seul ses problèmes.
  • Penser et décider à la place de l’autre.
  • Proposer des solutions à l’autre en pensant qu’il n’est pas capable de les trouver par lui-même.

Ma trousse de secours

    Je connais mes limites.

  • Je ne m’engage pas sur ce que je ne peux pas faire.
  • Je reste dans mon domaine de responsabilités « mieux vaut être un leader qu’un martyr ! »
  • Je suis vigilant à aider en vérifiant que j’ai bien une demande explicite, et en ayant le souci de laisser l’autre autonome et responsable.

Victime

J’ai tendance à…

    Me dévaloriser.

  • Me pas oser m’affirmer.
  • Eviter de faire pour justifier son incapacité.

Ma trousse de secours

    J’exprime mes besoins sans quémander.

  • Je formule des demandes claires et explicites.
  • Si je me sens enclin à rechercher de la sympathie ou de l’aide, je suis particulièrement attentif à éviter que les autres règlent mes problèmes à ma place.

Il est important de se rappeler également qu’il ne s’agit pas d’une réelle conversation entre les deux personnes concernées, mais que chacun rejoue son propre scénario, ne faisant au final que le projeter sur l’autre.

En gardant à l’esprit lorsqu’un conflit commence que nous ne sommes pas la cible réelle de l’autre et qu’il y a derrière son attaque un autre enjeu, il nous sera plus facile de ne pas rester agrippés à ses paroles parfois très blessantes.

Dans l’ouvrage « Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) : Introduction à la Communication Non Violente » de Marshall Rosenberg, l’auteur nous explique aussi que pour les praticiens de la Communication Non Violente, chaque attaque est entendue comme une demande qui n’a pas été correctement formulée. Au lieu de considérer l’attaque directement, on entend ici qu’il y a une souffrance, un besoin derrière celle-ci et on utilise la reformulation pour inviter l’autre à clarifier son besoin et à sortir de l’agressivité.

Reprendre ses responsabilités

Vous n’êtes pas responsables du bonheur ou du malheur de votre interlocuteur, ni de ce qu’il ressent. L’autre est en mesure d’exprimer ses besoins, de faire des demandes et de prendre soin de lui-même, comme nous.

De même, chacun a la possibilité de poser ses limites et de définir ce qui est acceptable ou non pour lui.

C’est l’affirmation tranquille de soi qui vous permettra de vous positionner clairement et de ne plus tomber dans le piège. Plus vous allez être conscients de ce qui se passe en vous et prendre soin de vos propres besoins et blessures, plus vous trouverez un équilibre profond en vous-mêmes, et les joueurs de triangle n’auront plus de prise sur vous.

On ne peut pas changer l’autre, on ne peut que se changer soi-même et décider de qui on veut être et de comment nous voulons réagir en rapport avec ce qui se passe autour de nous.

Et si malgré tout vous rentrez dans le triangle dramatique…

Voici une check list qui peut vous permettre, si vous vous sentez mal à l’aise après un entretien d’identifier si vous êtes entré dans le Triangle Dramatique :

  • Etiez-vous gêné avant même de commencer l’entretien ?
  • Vous êtes-vous entendu dire, dans le feu de l’action, tout autre chose que ce que vous souhaitiez réellement dire ?
  • Vous êtes-vous senti décalé par rapport à vos valeurs ?
  • Avez-vous eu le sentiment de dire vraiment ce que vous pensiez ?
  • Avez-vous eu l’impression d’être mené par les événements plus que de les contrôler ?
  • Avez-vous obtenu un tout autre résultat que celui que celui que vous attendiez ?
  • Avez-vous repéré dans l’entretien une phrase que vous dites régulièrement ?
  • Avez-vous éprouvé à la fin de l’entretien un sentiment désagréable, que vous ressentez souvent ?
  • Avez-vous l’impression que cela se passe toujours comme cela avec cet interlocuteur ?

Quelles pistes retenez-vous pour éviter les jeux ou en sortir ?

Défi lancé par Agoaye, « cette semaine je répare »

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