As de coeur

Cette semaine je joue 

Parfois, par manque de temps, fatigue ou lassitude je regrette de manquer de moments de jeux avec mes enfants et j’ai tendance à culpabiliser.

Le jeu renforce la relation que vous avez avec lui, il aide votre enfant à prendre confiance en lui, à évacuer les situations mal vécues… il élimine une grande partie des crises de rage et facilite la coopération de vos enfants.

Un enfant qui n’a pas eu son « quota de jeu » n’est pas disponible quand vient le soir, il a besoin de jouer et il y a un risque de conflit, il sera moins coopératif.

Parfois, un enfant se montrera beaucoup plus coopératif si on lui demande quelque chose avec un nez de clown. Tous les parents devraient avoir ce petit nez rouge sur eux, au cas où. Le jeu est un outil de résolution de problèmes.

Il faut garder en tête que si le petit enfant tape son parent, pendant un jeu ou autre, c’est que ce parent est sa figure d’attachement privilégiée avec laquelle il se sent en sécurité pour libérer ses émotions. Avec des enfants plus grands, certains conflits naissent du fait que l’enfant est trop impulsif, il ne parvient pas à se maitriser. Par le jeu, on peut lui permettre de développer sa maitrise des impulsions. Par exemple : 1,2,3 soleil« Jacques à dit », ou bien « Cours ! Stop ! A gauche ! A droite ! ».

Des recherches ont montré que des enfants qui jouaient régulièrement avec leurs parents avaient moins de cortisol retrouvé dans leurs urines lorsqu’on les mettait expérimentalement dans une situation stressante. Cette meilleure gestion du stress réduit les comportements problèmes liés (l’agression, la fuite, la sidération).

Cette semaine je tente de comprendre comment prendre plaisir à jouer avec mes enfants.

En réalité, j’ai parfois l’impression de consacrer beaucoup de temps à mon plus jeune fils. Pourtant, je n’ai pas l’impression de jouer beaucoup avec lui. Ce n’est pas naturel pour moi car je n’ai pas eu de modèle.

Les jeux sont vus comme futiles et certains parents préfèrent se consacrer à des choses plus « productives » (faire la vaisselle par exemple, …) Mais le jeu est le travail de l’enfant ! C’est très sérieux pour un enfant de jouer, c’est ce qui lui permet de développer ses compétences.

Avec le temps, et après trois enfants, j’ai tout de même progresser par rapport au fait de jouer avec mes enfants, et voici quelques conseils :

Misez sur la simplicité

En outre, si les activités en famille sont importantes, elles n’ont pas besoin d’être, au sens propre du terme, extraordinaires : les moments les plus importants ne seront pas forcément ceux que vous aurez passés ensemble dans un musée ou dans un célèbre parc d’attractions. Passer du bon temps avec ses enfants, ça peut être tout simplement bricoler, cuisiner, se promener dans le bois d’à côté… tout en discutant de choses et d’autres. C’est ainsi que l’enfant comprend qu’il compte, qu’il est important pour ses parents.

Le simple fait de courir, de lancer un ballon permet de développer les compétences de l’enfant, il n’y a pas de raison d’ennuyer l’enfant en lui imposant des jeux qu’on imagine plus « utiles ». Le mieux est de suivre les intérêts de l’enfant. On n’a pas besoin de chercher des jeux compliqués : n’importe quelle occasion d’interaction ludique, sympa et chaleureuse est un jeu pour l’enfant. Il s’agit avant tout pour l’adulte de développer une attitude intérieure favorable au jeu.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, courir ne permet pas à l’enfant seulement de se défouler, mais favorise la concentration. Courir avant une leçon permet d’être plus concentré et courir après permet de la mémoriser plus facilement. Lorsqu’un enfant court, il y a des mouvements dans son cerveau entre le cerveau droit et le cerveau gauche, les connections se forment, son cerveau se structure.

Ainsi toutes les activités banales du quotidien peuvent être l’occasion de passer du bon temps en famille. Les repas sont à cet égard particulièrement importants : ils sont tout d’abord des moments de partage essentiel et ils permettent ensuite aux enfants de se plier à un certain nombre de règles sociales, précieuses pour tout une vie. Mieux vaut donc insister pour que toute la famille mange ensemble, aux mêmes heures, et non chacun à sa guise…

Les avantages de laisser l’initiative du jeu à votre enfant

Votre enfant s’est lancé dans un scenario bien élaboré avec des figurines, une maman ou un papa et son enfant qu’il anime avec dextérité et enthousiasme. Vous noterez au passage, qu’il fait preuve d’une implication extrême, bien plus concentré sur le déroulement de l’histoire qu’il construit au fil de l’eau que lorsque vous lui répétez qu’il faut qu’il range ses jouets parce que c’est le bazar dans sa chambre. A ce moment là, vous réalisez qu’en jouant de cette façon :

  • Votre enfant développe son sens logique : mettre les événements, les scènes dans le bon ordre, 
  • Votre enfant travaille son imagination
  • Votre enfant apprend à manipuler des objets de petite taille et à affiner sa motricité fine
  • Votre enfant utilise du vocabulaire qu’il a appris en racontant l’histoire, 
  • Votre enfant s’exprime librement et s’affirme, en parlant sans interruption alors qu’il est habituellement plutôt réservé voire timide… 
  • Votre enfant prend le contrôle et décide de tout ce qui se passe dans le jeu y compris du rôle qu’il vous attribue dans l’histoire et de ce que vous, sa maman ou son papa, devez faire avec les personnages.

Dans le jeu, vous l’écoutez, vous le laissez faire et vous obéissez à ses ordres sans rechigner… une belle preuve d’amour !

Avantages reliés à l’enfant

  • Mieux apprendre à le connaître
  • Favoriser le lien d’attachement avec lui
  • Observer les forces et les défis de notre enfant
  • L’aider à développer des intérêts variés

Avantages reliés au parent

  • Mieux profiter du moment présent
  • Réduire le stress

Les pièges à éviter

  • Vouloir transformer systématiquement le jeu en activité éducative
  • Vouloir enseigner à jouer à l’enfant
  • Participer de façon trop intense au jeu de l’enfant

Les avantages de jouer ensemble

Jouer ensemble lui apprend à respecter des règles, à développer et partager des stratégies, à savourer des victoires et accepter des défaites.

Le parent n’a pas à empiler des brick de lego pour le jeu en lui-même mais plutôt observer et aider son enfant à les empiler, participer au monde imaginaire de l’enfant. A partir de là, peu importe le jeu, on joue davantage avec l’enfant.

Certains jeux ne nécessitent quasiment pas d’investissement physique, on peut simplement jouer au malade à l’hôpital en s’affalant sur le canapé : « On dirait que je suis ton malade à l’hôpital et que toi tu serais mon infirmière. Infirmière, puis-je avoir un jus d’orange ? » L’enfant sera ravie de revêtir le rôle de l’infirmière.

Il va découvrir la notion de plaisir et d’échanges dans les jeux d’imitation, mais aussi prendre en compte le monde qui l’entoure pour mieux le comprendre.

Quand un petit garçon joue à la poupée, il habille et déshabille son poupon, il se projette la plupart du temps dans un rôle masculin, celui du père ou du médecin.

Cela permet de donnez à votre enfant des occasions de mettre en pratique toutes les habiletés qu’il est en train de développer ses habiletés sociales (attendre son tour, partager, coopérer, prendre l’initiative), ses habiletés émotives (montrer ses sentiments, se soucier des autres), ses habiletés langagières (écouter, parler, demander des choses, faire des rimes, chanter, raconter des histoires), ses habiletés de raisonnement (explorer, étudier, planifier, établir des correspondances, résoudre des problèmes).

S’investir dans le jeu

Il a besoin de vous, de votre regard pour le rassurer, de votre complicité, de resserrer les liens qui vous unissent, mais aussi de vous voir autrement que dans votre rôle sérieux de parents. Il est donc important que vous acceptiez de jouer avec lui.

Vous n’êtes pas obligés de passer des heures à faire « vroum vroum » avec ses petites voitures, des tresses à la poupée, ou faire « miaou et ouaf ouaf » à quatre pattes sur le tapis du salon. Ne vous forcez pas, il le ressentirait. Quelques minutes par jour peuvent suffire.

Osez lui dire « ce jeu-là ne m’amuse pas trop par contre j’aimerais bien te lire une belle histoire » – « j’ai le dîner à préparer, tu viens m’aider, nous allons faire un bon gâteau » – « regarde comme il fait beau, si nous allions dans les bois faire une petite balade », …

Quelque soit l’activité, l’important est d’être près de lui et surtout de prendre du plaisir.

Il est interdit d’interdire

Si le jeune garçon décharge son agressivité à travers ses pistolets, il aura moins envie de se servir de ses poings. Car s’il ne peut l’exprimer par le jeu, dans le registre du symbolique et de l’imaginaire, il risque d’exercer sa violence, en vrai, dans la cour de récré ou dans le bac à sable ! Ce qui va lui poser toute une série de problèmes. En outre, si elle n’est pas canalisée dans le jeu, sa tendance agressive sera présente plus longtemps, de façon latente : en grandissant, il se peut qu’il garde une certaine cruauté envers les plus faibles, au lieu de les défendre et de les protéger.

S’il lui est interdit de l’exprimer, l’enfant peut aussi refouler totalement son agressivité, se refuser le droit de prendre le pouvoir. Il risque alors de devenir passif, d’avoir tendance à se soumettre. En collectivité, il ne réussira pas à se défendre et endossera le rôle de bouc émissaire.

Ses pulsions d’agressivité ont une autre fonction : c’est grâce à elles que l’enfant relève des défis, entre en compétition avec les autres et, plus tard, passera des concours, remportera des victoires. Si elles sont muselées très tôt, l’enfant grandira en redoutant les évaluations, les occasions de se mesurer aux autres. Il n’aura pas suffisamment confiance en lui pour prendre la place qu’il mérite.

Votre rôle : ne refusez pas les jeux qui mettent en scène la violence parce que vous craignez de voir s’épanouir chez lui un tempérament violent et dominateur. Car c’est en refusant de le voir canaliser son agressivité par le jeu qu’on prend le risque de déséquilibrer sa personnalité.

Pensez large

Jouer englobe bien plus d’activités : faire coucou, chatouiller les pieds, rire avec bébé, ou même donner un baiser, faire un câlin.

  • Partagez de bons moments avec lui, comme parler avec lui au moment du bain et des repas, chanter pendant les déplacements en voiture, feuilleter un livre ensemble, faire une promenade au parc, etc.;
  • Observez simplement votre enfant qui joue. Profitez-en, par exemple, pour commenter ses dessins ou pour l’encourager pendant qu’il construit une tour avec ses cubes;
  • Dire ce que nous apprécions chez les autres, remarquer les bonnes actions de vos enfants. Instaurer un exercice simple : la technique du bocal de Jeanne Siaud-Facchin qui invitent à se focaliser sur le positif, à donner des preuves d’amour et d’attention , à privilégier la simplicité de la pleine conscience face à la complexité de la ronde des pensées/jugements/reproches/justifications/… et à exprimer sa gratitude. Chaque « bonne action » est récompensée d’une bille, mise dans un joli bocal qui se remplit donc au fil des jours et des bonnes actions !
    Le résultat se fait vite sentir, l’enfant se sent valorisé, et prend confiance en lui; ce qui a comme conséquence de lui donner envie de prendre des initiatives, et en plus de détendre l’atmosphère familiale.
    Cette approche génère des émotions positives qui permettent notamment de calmer le stress, de développer notre bienveillance et de nous reconnecter avec nous-même ainsi qu’avec notre environnement. Essentiel.
  • Être présent : Et je ne parle pas ici simplement de la quantité de temps passé avec vos jeunes, mais de la qualité et de la profondeur de votre présence. Prenez 5 minutes par jour afin de faire ce que j’appelle un « cœur à cœur » avec chacun de vos enfants. Mettez alors de côté vos tâches et vos préoccupations et allez simplement vous assoir près de votre enfant pour vous intéresser à ce qu’il fait, sans faire d’intervention. Inspirez alors profondément afin de connecter avec vos émotions et prenez conscience de l’amour que vous avez pour lui, de combien il est beau, combien vous êtes heureux d’être son parent. D’une façon ou d’une autre, votre enfant ressentira cet « aura » de tendresse.
  • Faire confiance : La confiance est l’une des plus grandes marque d’amour qu’un enfant peut recevoir. Plus vous direz souvent à votre enfant des phrases empreintes de confiance, meilleure sera son estime personnelle et plus il se sentira accepté. Utilisez alors des phrases comme : « Je te le prête, JE SAIS que tu vas y faire attention. », « Je suis certaine que ça ira bien dans telle situation… », « Tu as toute ma confiance. » et évitez les phrases de méfiance comme : « Fais attention! Tu vas le briser! », « J’espère que tu vas bien te conduire chez… »
  • Démontrer son intérêt : Peu importe son âge, intéressez-vous à son opinion, à ses goûts et à ses idées. Demandez-lui sa perception des choses sur divers sujets et tentez d’en apprendre davantage sur ses centre d’intérêts. Prendre quelques minutes pour écouter l’album préféré de notre ados ou lire le roman « coup de cœur » de notre fillette, sont aussi des façons de dire : « Je m’intéresse à toi »
  • Le respecter davantage : Évitez de le réprimander en public. Parlez de lui positivement aux autres adultes même en son absence. Utilisez toujours un ton et des mots respectueux et ce même lorsque vous êtes en colère. N’utilisez jamais une façon de vous exprimer avec vos enfants que vous n’utiliseriez pas avec les enfants d’une autre personne. Ne lui mentez pas, ne lui faites pas de fausse promesse et n’utilisez pas le chantage pour vous faire obéir. Prenez un cours sur la communication parent-enfant au besoin afin de développer des attitudes respectueuses tout en assumant votre rôle d’autorité.
  • Dire simplement « je t’aime » plus souvent ! Il n’y a pas que ces mots qui rappellent à votre enfant qu’il compte pour vous. Les petits gestes du quotidiens aussi :
    ☆ Un regard rempli de fierté et d’affection;
    ☆ Une main dans les cheveux, un bisou sur le front, un toucher chaleureux;
    ☆ Lui préparer son plat préféré, lui préparer une petite surprise, chercher à lui faire plaisir;
    ☆ Un petit mot d’encouragement glissé dans sa boîte à lunch avant un examen;
    ☆ Un surnom affectueux (bijou, chaton, amour, chouette, coco…);
    ☆ Soyez créatifs! Trouvez ce qui VOUS ressemble.
    Apprendre à remplir le réservoir affectif, connaître ces formes d’expression d’amour, les 5 langages de Gary Chapman le toucher physique, les paroles valorisantes, les moments de qualité, les cadeaux et les services rendus.
  • Présentez les tâches ménagères sous forme de jeu à votre enfant. Il sera heureux de vous aider au quotidien pour mettre la table ou trier le linge, « tu m’aides à plier tes vêtements, je dois les ranger dans ton armoire » peut devenir « Est-ce que tu sais qu’à chaque fois que tu plies un tee-shirt, il va se produire un effet magique en toi que seul les vêtements plier et ranger ont le pouvoir de te transmettre ! » par exemple.
  • Assumez votre autorité : Établir des règles, les faire respecter, mettre des balises et des interdits malgré la colère des enfants, c’est aussi ça leur montrer notre amour. Les enfants savent d’instinct qu’ils ne sont pas supposés faire tout ce qu’il leur plait et ils ont besoin de leaders forts et solides sur lesquels s’appuyer. Quand les adultes abdiquent devant la résistance des enfants, ceux-ci se sentent abandonnés, pas suffisamment importants pour que leur parents fassent l’effort de les élever.

Toutes ces activités donnent à votre enfant un sentiment d’importance, puisque vous lui consacrez du temps.

C’est simplement créer l’échange et faire passer des émotions.

Pensez aux jeux et activités extérieures, qui permet de nous apprendre à être avec son enfant.

Il est important de vivre des moments simples, de rires et de dialogues, pour créer et renforcer les liens.

Les avantages à le laisser jouer seul

Si malgré tout, vos nombreuses occupations ne vous permettent pas de jouer avec votre enfant ou si vraiment ce n’est pas votre « truc », surtout ne culpabilisez pas ! Car votre enfant peut très bien jouer tout seul et vous devez même lui apprendre à jouer tout seul.

Quand un enfant joue tout seul, il développe son autonomie, son imagination, il invente des histoires, prend des initiatives, et se construit. C’est donc bénéfique pour son développement.

Poussez le gentiment dans sa chambre, dans son univers, avec ses jouets…

Rester disponible pour ses enfants en répondant à leurs questions

Vous pouvez continuer à faire ce que vous faites, l’important est de montrer que vous êtes là. Même si votre enfant joue tout seul, il doit sentir que vous lui donnez de l’attention.

Intervenir ou ne pas intervenir dans un conflit ?

Le jeu entre plusieurs enfants peuvent parfois générer des tensions.

Si un conflit éclate entre eux, et qu’aucun ne vous a solliciter, laisser les régler leurs litiges entre eux , car intervenir reviendrai à tomber dans le piège du Sauveur du triangle dramatique de Karpman. ( voir cette semaine, je répare )

Si le conflit perdure, intervenir en exprimant son ressenti sans chercher à résoudre le problème.

Si vous avez peur pour la sécurité de l’un d’entre eux, utilisez la communication non violente sur le schéma :

​Et éviter de tomber dans les pièges de la communication.

Dire honnêtement à ses enfants qu’on a pas/plus envie de jouer avec eux

Faites comme vous le ressentez et surtout pas dans la contrainte. Le plus important est de prendre du plaisir quelque soit l’activité et de lui dire « on a passé un bon moment… c’était super… ». 

Si vous manquez de temps ou d’énergie après une journée bien remplie ou si vous n’aimez pas trop jouer, rassurez-vous. Lorsque votre enfant vous demande de jouer avec lui, il veut avant tout que vous lui donnez de l’attention.

Prenez-le souvent dans vos bras et dites-lui que vous l’aimez.


Défi lancé par Agoaye, « cette semaine je joue. »

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