As de coeur

Envie d’ailleurs 

​Le rêve démarre, le cœur bat plus fort, l’esprit semble se dilater vers le lointain. C’est l’appel de l’ailleurs. Pour certains c’est le grand large, le voyage, un autre air, d’autres paysages, parfois très loin, voir même se plonger en immersion dans une culture radicalement différente de la sienne, au point de partager sa vie entre deux univers, deux cultures, c’est aussi l’occasion d’une (re)découverte de soi.

La (re)découverte de soi, l’évasion, la liberté se traduit de notre propre perception de se qu’on perçoit comme un autre « Monde ».

De façon beaucoup plus générale, l’ensemble des productions humaines (et pas seulement les productions culturelles), à partir du moment où elles empruntent les voies de la pensée et de l’imagination. Le monde, en tant qu’il est humain, ne peut se limiter à ce qui nous est extérieur. Ainsi la philosophie, la mythologie, l’espace, l’étrange, l’art est sans aucun doute un moyen d’évasion.

Quelques mots enfin sur cette notion d’art, que l’on peut facultativement écrire « Art » : elle date du XVIIIème siècle, correspondant à une acception moderne de l’art comme regroupant l’ensemble des beaux-arts – l’architecture, la peinture, la sculpture, la musique, les arts littéraires… Sans entrer dans les polémiques relatives à l’art contemporain (certains artistes font mêmes « hara-kiri » en déclarant « la mort de l’art »), il faut ajouter tous les objets ou installations qui prennent place dans les musées ou d’autres environnements naturels ou urbains, dont les auteurs sont souvent qualifiés de « plasticiens ». Et bien sûr également les œuvres du cinéma et de l’audiovisuel en général.

L’intentionnalité de conscience de l’artiste, comme le dit bien Sartre, peut être qualifiée d’ « imaginante », au sens où l’objet représentée sur la toile « est visé comme irréel » par l’artiste ; il y a une irréalité inhérente à l’œuvre d’art.

« La contemplation esthétique, dit encore Sartre, est un rêve provoqué et le passage au réel est un authentique réveil »

Nous avons tous besoin de nous échapper d’une certaine réalité, de déconnecter… 

Où il y a du mystère, il y a un ailleurs… notre besoin d’évasion est directement lié à notre imagination.

Chacun d’entre nous a intérêt à entretenir son inventivité car il développe sa capacité à trouver des réponses originales à des problèmes nouveaux.

C’est par la créativité que la société évolue, se développe et progresse.

Aux sources de la mémoire, l’imagination. 

L’imagination est présente dans tout acte de mémorisation, car elle est à l’origine de nos images mentales. Elle est d’autant plus créative qu’elle utilise efficacement les stocks organisés en mémoire et qu’elle s’appuie sur une bonne maîtrise du réel. Elle se nourrit également de nos désirs et de nos insatisfactions… Attention aux dérives de l’imaginaire qui entraîne erreurs et déceptions ! 

Voici comment Voltaire définissait l’imagination :

« C’est le pouvoir que chaque être sensible sent en soi de se représenter dans son cerveau les choses sensibles. Cette faculté est dépendante de la mémoire. On voit des hommes, des animaux, des jardins : ces perceptions entrent par les sens ; la mémoire les retient ; l’imagination les compose. »

La psychologie moderne ne dit pas autre chose.

La lecture, qui laisse libre cours au vagabondage de l’esprit et à la richesse des images mentales – personnages, paysages, atmosphères -, l’écriture, l’intérêt et la curiosité pour ce qui nous entoure favorise sans cesse les productions de l’imaginaire. Mais ces dernières se nourrissent aussi de nos désirs, de nos fantasmes et de nos insatisfactions. Imaginer implique une perception du caractère inachevé du réel ainsi que la possibilité d’en élaborer de nouvelles versions, éventuellement plus satisfaisantes parce que répondant mieux au désir. Ce mécanisme explique que la réalité peut être décevante par rapport à nos attentes, qu’il s’agisse de l’adaptation d’un ouvrage à l’écran, d’une rencontre avec quelqu’un ou de tout autre situation qui se concrétise après avoir été imaginée.
Ce rôle compensatoire, qui peut fort bien inciter à l’action, a aussi ses dérives – une évasion hors de la réalité et une certaine complaisance pour les chimères. Notre imagination peut nous jouer des tours, fausser notre perception et nous faire prendre nos projections pour des vérités.

L’imagination débridée est alors source d’illusions et de déceptions. Elle peut finir par travestir le réel ou par l’abroger, comme on le voit chez les rêveurs éveillés, dans les délires ou encore en cas de mythomanie.

L’émission spécimen de la rts ici 👈  démontre comment peuvent se construire de faux souvenirs.

Comment avoir une idée géniale ? 

L’imagination contribue à former les images mentales dont se nourrit la mémoire. Une hypothèse ne peut déboucher sur une découverte que si elle s’appuie sur une analyse précise des phénomènes observés et une maîtrise du savoir existant, qui est le fruit d’une bonne organisation du savoir en mémoire.

Notre envie d’ailleurs est lié à notre besoin d’évasion qui est directement assimilé à notre imagination et à l’entretien de notre mémoire.
L’imagination contribue au changement en proposant de nouveaux modèles, de nouvelles formes de créations où chacun trouve sa place, se sent utile, se réalise.

Cet article fait partie de l’événement interblogueurs #10 du moi créé par Egalimère. Chaque mois, elle nous propose un article sur un thème prédéfinis. Pour lire les autres participations, allez sur ce lien : https://egalimere.fr

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