As de coeur·As de pique

Cultiver son jardin

« Il faut cultiver notre jardin » est une métaphore qui signifie : laissons de côté les problèmes métaphysiques (critiqués tout au long du roman de Voltaire Candide à travers l’image du philosophe Pangloss) et occupons-nous au contraire des choses que l’on peut changer, améliorer. En d’autres termes, cela signifie qu’il faut s’appliquer à faire évoluer la société et à la rendre meilleure.

Pour répondre à Pangloss qui cherche faire entendre qu’en dépit de toutes les détresses que subit l’humanité, nous sommes dans un meilleur monde possible – « Candide » personnage de Voltaire, répond ….Il faut cultiver notre jardin. ..(chapitre 30 )
Cultivons notre Jardin, est une expression qui avec le mot culture fait relier deux nécessités :
– Celle, matérielle que par nécessité l’agriculture est nécessaire à la survie de l’homme
– Et l’idée plus spirituelle, du jardin secret que nous portons en nous, dont nous devons cultiver, les idées, les sentiments, l’âme.
Hannah Arendt a dit en parlant « d’esprit cultivé » que c’était une métaphore : La culture serait à l’esprit ce que l’agriculture est à la terre.

« Le travail éloigne de nous trois grand mots : l’ennui, le vice et le besoin » Candide – chapitre 30.

Alors je n’ai pas lu Candide, un jour peut-être… Cependant, lorsque j’ai vu le thème de ce mois-ci j’ai tout de suite penser à cette expression.

Parfois nous avons envie de dire que la nature fait bien les choses, je pourrais nommé des tas d’exemples…

Puis il y a des domaines ou nous pouvons tous nous améliorer, j’ai la conviction que l’éducation est la clé d’un monde meilleur et d’une meilleure version de soi-même, car les enfants d’aujourd’hui sont les adultes de demain. Et le regard que l’on porte sur l’éducation est primordial pour le monde avenir. C’est pourquoi je viens vous faire part de ma réflexion et de mes recherches, suite à mon expérience, a déclencher en moi la conscience des signes extérieurs de la banalisation, des aberrations des veo Violences Éducatives Ordinaires.

La violence éducative ordinaire est l’ensemble des pratiques coercitives, punitives ou manipulatrices tolérées, voire recommandées dans une société pour éduquer et contrôler les enfants. C’est une forme de violence (presque) invisible, légale et considérée comme légitime dans la plupart des pays, avec des conséquences incalculables sur les individus et sur la société. Elle est la partie immergée de l’iceberg de
toutes les violences, le terreau sur lequel prospèrent les maltraitances qu’une société juge inacceptables. Elle peut disparaître grâce à l’évolution des lois, des connaissances scientifiques et des consciences.

Il y a quelques années la France est condamnée par le Conseil de l’Europe (qui est l’organisme européen de défense des droits de l’homme) car le droit français « ne prévoit pas d’interdiction suffisamment claire, contraignante et précise des châtiments corporels ». La France viole donc l’article 17 de la Charte européenne des droits sociaux, qui énonce que les États parties doivent « protéger les enfants et les adolescents contre la négligence, la violence ou l’exploitation ». La France est une habituée des condamnations, ce n’est pas un scoop… de quoi réagir.

Puis il y a eu une campagne maladroite : MdM et son « Faire pleurer un enfant ça peut lui sauver la vie« , une comptine pour enfant fait l’apologie des fessées, les propos de Patrick Sébastien découverts dans la lettre ouverte chez graine de caillou ou chez maman chameau, ou dernièrement l’émission de C8.

Car que savons-nous aujourd’hui ? L’OVEO a contribué aux dernières avancées en matière de lutte contre la violence éducative ordinaire en France.

Et la dernière campagne de la Fondation pour l’Enfance a pour slogans «frapper son enfant» ou «violenter son enfant» ou «crier sur son enfant» ,« c’est le marquer pour longtemps».

Le but de cette campagne est de sensibiliser aux effets néfastes des violences tolérées, voire encouragées dans notre société, pour éduquer et modifier le comportement des enfants, qu’elles soient de nature physiques (punitions corporelles, sous forme de tapes, fessées, claques, pincements..), verbales (insultes,cris, dévalorisations, …), ou psychologiques (culpabilisations, humiliations, menaces, rejet…).

Les punitions n’ont aucun effet positif sur l’enfant et affectent l’estime qu’il a de lui-même. De plus, les punitions physiques ou psychologiques ne permettent pas l’apprentissage et amènent plutôt un sentiment d’humiliation et une perte de confiance de l’enfant envers le parent. Comme les enfants apprennent en imitant leurs parents, la punition physique peut développer un réflexe de violence chez l’enfant plutôt qu’un comportement sain. D’ailleurs les enfants qui ont été les moins frappés sont ceux qui montrent le moins de signe d’agressivité dès l’âge de 5 ans.

Le châtiment corporelle augmente la probabilité de voir les enfants agresser leurs parents en représailles, particulièrement lorsque ces derniers vieillissent.

Une étude portant sur un échantillon de plus de 50 000 femmes, les femmes ayant subi des violences dans leur enfance ont un risque accru (environ trois fois supérieur) d’avoir un enfant autiste.

Le traumatisme peut modifier notre génome et se transmettre aux générations suivantes, problèmes sexuels à l’âge adulte, les “châtiments corporels légers” accroissent le risque de troubles mentaux, et autres études scientifiques sur les effets de la violence éducative ordinaire.

Selon la gravité des faits de violence, les peines peuvent aller d’une simple amende de 4 ème classe ( jusqu’à 750 € maximum ) pour les violences légères Article R624-1, et pour les faits plus graves prévus par les articles 222-13 et 222-14 du code pénal, à des peines de prison avec sursis ou prison ferme.

Dans son rapport de novembre 2007, l’ODAS indique 98000 enfants en danger… Chiffre sans doute sous évalué, lesquels ne prennent en compte que les cas signalés aux conseils généraux. L’ODAS indique dans ce rapport 19000 enfants maltraités.

Sur ces 19000 enfants maltraités on note 3 à 5 % de décès,ce qui représente chaque jour chez nous en France le décès de 2 enfants suite à des actes de maltraitances…(source)

En France, 22,4% des adultes ont subi des violences physiques dans l’enfance. 36,3% ont subi des violences psychologiques et 16,3% des négligences graves. 87 % des parents français admettent exercer des violences physique sur leurs enfants.99% des parents français ont recours à des menaces verbales et/ou psychologiques. (source)

Qu’il s’agisse des pays scandinaves ou même de l’Italie, de l’Allemagne, du Portugal, de l’Espagne, tous les châtiments corporels ont été abolis. En résulte une importante baisse de la maltraitance. 95% des Suédois considèrent désormais la fessée comme inutile… pourtant les petits Suédois sont très bien élevés !

Il est important de prendre du recul lorsque vous sentez que votre colère est grande et que vous pourriez vous emporter, faites des exercices pour contrôler votre stress, accepter de faire un travail sur soi. Avec du soutien, vous pouvez développer des stratégies positives pour exercer une discipline bienveillante avec votre enfant.

Chaque jour être une meilleure version de soi-même !

Supprimer tout châtiment corporel envers les enfants (tape sur la main, gifle, fessée, etc.).

Connaitre les étapes du développement de l’enfant

Se (re)situer au moment présent, sur ce que vit l’enfant, au quotidien, à l’instant présent

Ne pas faire à la place de l’enfant et respecter son rythme

Donner des choix et accorder le droit de parole

Prendre conscience des mots, des attitudes et des comportements qui, sans que nous nous en apercevions, peuvent faire du mal aux enfants.

Apprendre à les écouter « vraiment », à accueillir avec bienveillance leurs sentiments et leurs émotions négatives.

Chercher, tester et trouver des alternatives aux cris, aux punitions, au chantage et aux menaces (notamment en apprenant à poser efficacement les règles et limites dont les enfants ont tant besoin).

Apprendre à résoudre les conflits « sans perdants ».

Anticiper et prévoir

Cesser de leur « donner des rôles » et de leur « coller d’étiquettes » ; les aider à se défaire de celles qu’ils se sont collées eux-mêmes.

Apprendre à gérer de manière bienveillante les jalousies et rivalités dans la fratrie

Décrire au lieu de se fâcher

Apprendre à exprimer ses émotions

Mettre l’enfant en situation de partenariat

Assumer la responsabilité de nos erreurs au lieu d’en rendre les enfants responsables : par des marques d’affection et/ou des paroles

Tout faire pour développer leur autonomie.

Tout faire pour développer leur confiance et leur estime de soi.

Alors V.E.O Violences Éducatives Ordinaires quand cesseras-tu ?

Cette article fait partir de ma contribution au défi #10 du mois du blog Égalimère. Il s’agit, à date fixe, de publier un article sur un thème imposé (les explications du concept sont ).
Ce mois ci le thème est « Cultiver son jardin »

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2 réflexions au sujet de « Cultiver son jardin »

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