As de pique

Franz Marc

Chien couché dans la neige, ca 1910-11, hst, 62,5 x 105 cm, Franz Marc, Städel Kunstinstitut, Francfort

Nous sommes ici devant un double défi relevé par l’artiste. Le premier consiste en la représentation de la neige, qui a fasciné Brueghel dès le XVIe siècle ou Avercamp un peu plus tard, puis n’est réapparu qu’avec Monet, Pissarro et Sisley après 1850. Le second, dont Franz Marc parle dans une lettre à August Macke, est lié à la complexité des reflets colorés sur le corps de son chien Russi.

En tant que jeune homme, Franz Marc était très intéressé par la philosophie et la théologie. Il a étudié l’art, mais a continué à chercher un « pont vers le monde spirituel ». Ses peintures d’animaux peuvent également être comprises dans ce contexte. Pour Marc, les animaux étaient plus proches de Dieu que les êtres humains. Il les considérait plus primitifs, plus purs dans l’âme, et donc plus beaux. Ce que nous voyons ici n’est donc pas seulement un chien couché dans la neige, mais une créature de Dieu en harmonie avec la nature. Les couleurs idiosyncratiques adhèrent également à certaines idées théoriques. Quand Marc a peint ce travail, il a expérimenté avec des réfractions prismatiques de la lumière et des couleurs complémentaires, et postulé une théorie des couleurs de son propre: « Le bleu est le principe masculin, austère et intellectuel. Le jaune est le principe féminin, doux, flottant et sensuel […]  » Ce qui semblait sauvage à beaucoup de ses contemporains avait en effet émergé d’une préoccupation très sérieuse avec les thèmes sous-jacents ainsi que les moyens picturaux.

Ce travail reflète également l’exploration par l’artiste du style cubiste pratiqué à l’époque par certains de ses collègues. Le chien, par exemple, est composé en partie de surfaces bidimensionnelles angulaires, bien que Marc ait laissé intacts les contours naturels et la perspective uniforme. C’est l’une des premières peintures dans laquelle il a trouvé son chemin vers la forme d’expression désormais mondialement connue en rapport avec le cercle autour de Der Blaue Reiter.

Franz Marc (1880-1916) a été un cofondateur du Blaue Reiter (ou Cavalier bleu en français) à Munich en 1911 (avec Kandinsky, Macke, Jawlensky). Il préférait pour exprimer les vibrations (qui permettent de relier les images, les couleurs, les sons et les mots, selon le manifeste publié en 1912), utiliser comme modèles des animaux, plutôt que des hommes. Et, selon un mot connu de Vassily Kandinsky, Franz Marc s’occupait du cheval et lui-même du cavalier. Marc va peu à peu évoluer vers l’abstraction, avant sa mort prématurée, conséquence d’un éclat d’obus, près de Verdun en 1916, à 36 ans.

Le tableau du samedi

《 Le samedi, on présente un seul tableau en quelques mots en disant pourquoi il nous plait ou nous émeut, ou nous trouble.

Et voilà.

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dixit mamazerty

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