As de pique

Scène de rue… Ou presque.

Parmi les véhicules de police mythique, il y a sans aucun doute la Renault 4CV Pie que la police parisienne utilisa dans les années 1950. Cette voiture est le signe d’une époque moderne car la police s’équipe d’un véritable parc automobile, preuve que les temps changent, les parisiens sont aux premières loges de cette nouvelle ère…

La Renault 4CV est loin d’être la première voiture à équiper la police française, puisque au lendemain de la seconde guerre mondiale, la police est dotée de Citroën Traction qui sont essentiellement réservées à la police judiciaire. A cette époque, l’embryon de parc automobile était composé d’autocars pour transporter les policiers sur certains lieux d’échauffourées. Pour le reste, les policiers parisiens se déplacent essentiellement en vélo…

La police parisienne s’équipe de voitures redoutables

Face au nombre grandissant de voitures qui circulent dans Paris, au début des années 1950 la Préfecture de Police se met en quête d’une voiture, et cherche dans la production automobile nationale qui renaît la voiture idéale. A cette époque, le choix n’était pas important, car Peugeot offrait la 203, Panhard la Dyna X, Citroën venait de proposer la 2CV et Renault était là avec sa 4CV. C’est vers cette dernière que le choix de la police de Paris se porte, car la 4CV est peu chère, petite et nerveuse, elle apparaît comme la voiture idéale !

Elle achète alors 15 Renault 4 cv. et exige du fabriquant qu’elles soient livrées sans peinture ni siège.

Car, la Renault 4CV n’est pas encore tout à fait aux goûts de la Police, qui décide de missionner les établissements Currus en 1952 pour adapter la 4CV à un usage policier. Un premier prototype est réalisé et porte déjà la spécificité de ce modèle, à savoir les portières échancrées permettant d’enjoindre aux automobilistes de s’arrêter ou pour sortir plus rapidement de la voiture pour les interpellations.

La première Renault 4CV modifiée fut livrée à la Police de Paris en Mai 1953 en vue d’être présentée au Préfet de Police.

Les bolides sont munis de 2 sièges de 2 cv. Citroën et les portières avant sont découpées de façon à pouvoir tirer sans avoir à les ouvrir. Chaque voiture est équipée d’une sirène et d’un projecteur orientable. Elle présente aussi un renforcement au niveau du châssis afin de supporter la suppression des montants entre les portes. Le moteur est remplacés par de puissants 30 cv., capables d’atteindre la vitesse de 120 km/h, alimenté par un carburateur de 32 et reçoit une culasse spéciale pour augmenter le taux de compression, sans oublier un échappement spécifique qui permet de parfaire la mécanique. Elle reçoivent également un très moderne radio-émetteur qui leur permet de communiquer avec un poste central. Les techniciens de la préfecture les peignent ensuite en noir et blanc… d’ou leur surnom de « voitures pies ».

Fort heureusement, elles n’ont pas à se soumettre aux tests du Service des Mines (où elles auraient été refusées). Elles partent donc en mission dans la capitale et patrouillent 24 h. sur 24, participant à la régulation de la circulation pendant la journée et à la lutte contre la criminalité la nuit. Il faut régulièrement recharger leurs batteries car les postes radio-émetteurs les vident très rapidement.

Déjà célèbres dans les rues parisiennes, quelques 4CV Police Pie participent au Rallye d’Hambourg couru en Juillet 1955, lequel faisait courir 576 véhicules de polices venant du monde entier. Une seule consigne, faire le plus de kilomètres en 96 heures tout en pointant dans les services locaux de police allemande, et ne jamais couper une route déjà empruntée. A ce jeu, la police française classe les 4CV aux deux premières places de la catégorie 750cm3 avec une quatrième et cinquième place au général.

Si tout semblait aller pour le mieux pour les 4CV Police Pie, Renault ne voit pas cette modification d’un bon œil et contacte en 1956 le Préfet de Police de Paris pour notifier la fin de la garantie des 4CV dont la structure avait été modifiée. Entre temps, 60 autres exemplaires avaient été livrées mais la police n’en commandera pas d’avantage suite à la mise en garde de Renault. Les 4CV Police Pie terminent leur carrière avant d’être ferraillées.

Toutefois, deux modèles ont été envoyés à New York en 1959 car la police locale était à la recherche d’une petite voiture nerveuse capable de se faufiler dans la circulation dense de l’Amérique d’alors. Et comme Renault débarque aux Etats-Unis, la Régie (qui est détenue par l’Etat) voit d’un bon œil rafler un tel contrat qui pourrait peut être permettre une « collaboration amicale » entre les polices des deux pays. Comme en France, la 4CV police se fait remarquer aux Etats-Unis si bien que la ville de San Francisco demande elle aussi à voir les deux modèles. Mais aucun contrat ne fut signé …

Ma participation à《 Scène de rue 》de chez Covix-lyon.

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4 réflexions au sujet de « Scène de rue… Ou presque. »

  1. Bonjour,
    Merci pour ta participation, elle me fait remonter des souvenirs parisien de mon enfance Entre les « Hirondelles » et la pie, nous étions bien servit avec nos gardiens de la paix… Avec mon retour, je mets l’article à jour.
    Bonne journée,
    Bises

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